Palestine 2013 : Première confrontation avec la réalité coloniale

par Nov 5, 2013

À propos de l’auteur : Cédric Domenjoud est un chercheur indépendant et activiste basé en Europe. Ses domaines de recherche portent sur l’exil, les violences politiques, le colonialisme et l’autodéfense communautaire, en particulier en Europe occidentale, dans l’ancienne URSS et au Levant. Il mène des recherches sur la survie et l’autodéfense des communautés syriennes et réalise un film documentaire sur Suwayda, dans le cadre du projet Fajawat

En 2013, je me rends pour la première fois en Palestine. Je n’y connais personne, mais j’ai préparé ce séjour comme un voyage initiatique au cœur d’une réalité coloniale sur laquelle j’avais lu beaucoup de livres et d’articles, et regardé beaucoup de film documentaires. Quand on passe de l’autre côté du mur, c’est toute notre vision du monde qui s’en trouve impactée.

24 octobre 2013 – JERUSALEM

Cérémonie militaire devant le mur des lamentations. Des hommes et des femmes à l’allure austère se lamentent, des jeunes pieux dansent en l’honneur d’Israël. Des adolescents en armes, des hommes habillés en épouvantails, des enfants arabes qui me lancent des pierres et me menacent avec un bâton. Un homme pieu qui me prend la main et psalmodie quelques prières en espérant de moi un don, des pauvres erres agitant leur gobelet de pièces au passages d’adolescents frivoles…

Israël, je suis en Israël. Contrastes. Violence en suspens, prète à bondir. Un agent de l’ONU me croise alors qu’il enlève son gilet pare-balles couleur ciel. Un vendeur arabe s’agrippe à moi pour que je lui achète un sac à trois fois sa valeur. Un enfant juif, ou peut-être arabe je ne sais plus trop, me crache dessus alors que je lui tourne le dos. Et un troupeau de pélerins russes passe sous mes yeux, vêtus comme des mormons, faisant irruption du passé avec leurs fichus et leurs crucifixes en bois sombre…

Demain, je pars en Cisjordanie. Manifestation pour les sept ans de lutte pour Al Ma’sara, au sud-ouest de Bethleem. Ca va sentir le gaz lacrymogène. Deux françaises ont proposé de faire la route ensemble depuis Jérusalem. Départ 9h30, porte de Damas.

Je viens de terminer « Maintien de l’Ordre » de David Dufresne et je vais commencer la lecture de « Villes sous contrôle » de Stephen Graham. La militarisation de l’espace urbain, sujet bien à propos.

25 octobre 2013 – BETHLEEM

La manifestation à Al Ma’sara avait tous les aspects d’un paradoxe. Arrivés parmi les premiers, on est tombés sur Mahmud, l’un des leaders des Comités Populaires, qui s’entretenait avec une fille allemande, bénévole pour trois mois pour l’AIC. Discours intéressant sur la non-violence, tactique de lutte bien différente de ce que prônent les théoriciens bobos de la désobéissance civile européens. Pas question ici d’esquiver la confrontation physique, mais plutôt de rester systématiquement en position d’agressé, de celui qui répond plutôt que celui qui prend l’initiative de l’attaque. De l’auto-défense populaire en somme. Pour autant, là aussi les media et les prises de paroles symboliques prennent la place du combat contre l’oppression. C’est loin d’être un renoncement, parce que ce sont bel et bien des résistants, mais ce ne sont pas non plus des combattants, parce qu’ils n’existent qu’à travers l’objectif des « touristes militants », bénévoles et volontaires d’ONG, élus communistes ou écolo, ou encore quelques anarchistes égarés comme moi, qui voudraient prêter main-forte, mais se retrouvent cantonnés dans le rôle de témoins, de spectateurs. Je ne critiquerai pas davantage, car je n’ai pas perdu mes proches, je ne suis pas écrasé dans l’étau de l’occupation et je ne vis pas dans la peur d’être arraché de mon lit par des soldats en armes.

La manifestation, surtout composée d’étrangers munis d’appareils photo, est montée vers l’entrée du village, en direction de la colonie d’Efrat, puis a été très vite bloquée par un cordon de soldats israëliens. Quelques bousculades, des slogans en arabe et en anglais, deux ou trois coups de pieds et de coude sur les boucliers, puis des prises de parole plutôt caricaturales, pour satisfaire les invités. Enfin, tentative d’une partie du groupe, des jeunes palestiniens et quelques étrangers plus déterminés, d’esquiver les soldats en coupant par un champs d’oliviers. En vain, les soldats se redéploient en contrebas. Une jeep poursuit des lanceurs de pierres, comme pour le folklore là encore. Il y aura bien quelques tirs de gaz lacrymogène, mais alors que les étrangers n’étaient déjà plus là pour regarder. Tirs qui susciteront d’ailleurs la colère des habitants du hameau voisin, qui s’en prennent aux participants de la manifestation. Altercation plutôt violente des deux parties en présence, avec jets de pierres et empoignades, puis le retour au calme.

Finalement les étrangers quittent les lieux, le spectacle est terminé. Le soir, j’arrive à Ramallah. Je ne passerai pas shabbat à Jérusalem.

28 octobre 2013 – RAMALLAH

Après une nuit dans une auberge de jeunesse, où évidemment il n’y a que des touristes, je suis conduit par Mohammad au camp de réfugiés d’Al Amari. Village dans la ville, il est habité par des personnes originaires de villages aujourd’hui disparus et qui se trouvaient sur le territoire de l’actuel Israël. Tout le monde s’y connaît, l’atmosphère est agréable, chaleureuse. Je lie très rapidement contact avec quelques habitants, tout en sachant que c’est bien éphémère. Demain je ne serai déjà plus là.

Puis je passe une journée à marcher le long du mur de séparation : Beit’ur at Tahta, Saffa, Bil’in. Paysage aride et horizon délimité par les colonies et leurs dispositifs de guerre : grilles, murs… Une jeep israélienne passe sur la route réservée aux israéliens, puis c’est à nouveau le silence, le soleil, les oliviers. Un jeune palestinien croisé sur le chemin met en garde face à la présence de chiens sauvages. Un panneau rouge aposé sur les barbelés met en garde celui qui tenterait de passer qu’il risque sa vie.

La Palestine est en paix, mais la Palestine est en guerre. Chaque jour apporte dans les actualités locales son lot d’incidents, d’agressions, d’arrestations, de raids de colons avec ou sans la complicité de l’armée. Les colons sont en guerre, eux. Une guerre d’anéantissement, pour le « lebensraum » des israéliens juifs. Extension de leur espace vital, extermination de tout ce qui y fait obstacle. Leur logique est impitoyable. Ils rasent les oliviers des palestiniens, tout un symbole.

1er novembre 2013 – NABLUS

Les uniformes vert kaki de Tsahal sont à chaque recoin des territoires palestiniens, soulevant des volutes de poussière derrière leurs jeeps rugissantes. Checkpoints et patrouilles, pêche aux lanceurs de pierres, entretien permanent du dispositif de domination des populations arabes. Ne pas oublier sa carte verte, l’AWIYYA.

Dans les villes, l’activité tourbillonante des vendeurs ambulants, des jeunes hommes qui tiennent les murs, des jeunes femmes aux voiles colorés qui viennent de l’université, fait oublier un temps qu’on est en zone occupée. C’est vivant, ça respire. « Welcome ! What’s your name ? How are you ? » : les gamins, comme les plus vieux, saluent l’étranger de passage, l’occidental en transit au pays d’Arafat, de l’intifada et du mur de séparation. L’accueil est toujours aussi chaleureux, et traîner dans la rue est un plaisir de chaque instant.

Mais il faut rester dans les sentiers battus, aller d’un grande ville à l’autre, sans trop s’attarder sur les petites routes, près des colonies et du mur. Ce n’est pas interdit, mais ce n’est pas autorisé non plus. Même si la porte de Qalandia est ouverte, on ne nous a pas demandé d’entrer.

Kufr Qaddum, Qaryut, Ras, Beit Ummar, Halhul, Susiya, Yabad : la liste des bleds meurtris ces derniers jours par des violences entre israéliens et palestiniens n’en finit pas de s’allonger.

Et lorsqu’on franchit l’enceinte d’une colonie, à Gilad Farm ou à Yitzhar, Tsahal n’est jamais loin pour nous rappeler qu’on n’a rien à faire là. Les uniformes kaki viennent cueillir l’intrus pour le cuisiner entre les quatre murs du commissariat de la colonie-ville d’Ariel. C’est ce qui m’est arrivé après être entré à Yitzhar. On y apprend que les villes palestiniennes sont dangereuses, que les arabes sont des tueurs, que l’armée est là pour assurer la sécurité des israéliens. Contre la violence qu’eux-mêmes génèrent, bienvenue au pays des paradoxes et du contraste !

Durant mes cinq heures de « privation de liberté », entre les murs du poste de police, je suis témoin d’une juxtaposition de situations toutes autant banales que violentes : des palestiniens jeteurs de pierres, les parents israélien d’un ado récalcitrant, des policiers guillerets et des soldats surarmés, deux autres palestiniens aux yeux bandés et aux mains liées dans le dos, qu’on force à baisser la tête, promis à une longue peine de prison pour avoir supposément attaqué un soldat au couteau…

« Pourquoi êtes-vous venus en Palestine ? Quelles villes avez-vous visité ? Où comptez-vous aller après ? Quand quittez-vous Israël ? Où dormez-vous ? Comptez-vous aller à des manifestations ? Connaissez-vous le conflit israélo-palestinien ? Avez-vous contact avec des ONG ? etc. »

Les questions s’égrènent, identiques les unes aux autres, d’abord par l’agent de sécurité de la colonie de Yitzhar, puis le capitaine de Tsahal, puis par l’officier de police et enfin par l’employée des renseignements militaires (AMAN) au téléphone. La rengaine sécuritaire d’un pays qui vit dans la peur et la paranoïa. Ubuesque, si ce n’était pas dramatique. Tous ces adultes qui agissent comme des enfants, qui jouent aux indiens et aux cowboys, aux policiers et aux voleurs, aux gentils et aux terroristes. On pourrait en rire s’il n’y avait pas des palestiniens morts et prisonniers dans les coulisses.

2 novembre 2013 – JENIN

Ambiance feutrée d’une salle des professeurs, école de Zabda. Je découvre le fonctionnement familial d’une petite école de village, qui me rappelle les école de Russie. Les enfants du monde entier sont les mêmes. Les professeurs sont jeunes et souriants, aiment leur travail et sont curieux du monde qui les entourre. Ca change de l’individualisme occidental. Soleil dans les rideaux. Près de l’école pousse du tabac, la région est connue pour ça. Je passe d’une salle de classe à l’autre et les enfants sont tout excités de me poser des questions. Ca me fait plaisir et ça me fait découvrir les particularités d’une enfance palestinienne.

Après l’école, sur la route vers Yabad, on s’arrête entre deux colines, dans une exploitation de charbon de bois. Décor de fin de siècle, Germinal rejoué à Jénine. Les personnes qui travaillent là, le visage couvert de suie, s’affairent à construire des monticules de bois importé de « Palestine occupée » comme ils disent : la Palestine qui est de l’autre côté du mur. Recouvert ensuite de paille et de suie, le monticule est mis à feu depuis son sommet. Il se consumme ensuite pendant des heures en dégageant des nuages de fumée noire. Et c’est ainsi que naît le charbon de Yabad. Cancer des poumons garanti.

4 novembre 2013 – DEPART EXPRESS

A propos de cancer, celui de mon père fait parler de lui. Je dois quitter Jenine, Ahmad et son école pour rentrer en France. Avant qu’il ne soit trop tard. Je ramène avec moi des sacs entiers d’une herbe de Jénine qui aurait prétendument sauvé Mohammed, un vieil homme de Tura. Après avoir constaté la guérison de l’un de ses moutons, l’homme a fait bouillir l’herbe que celui-ci avait mangé et s’en est fait une décoction. Quatre mois plus tard, son cancer se serait fait la belle. Des journalistes et des scientifiques se sont bousculé à son portillon pour tenter de percer le mystère de la plante médicinale. A mon tour de me faire magicien, en espérant que le tour prenne.

Sur le toît de l’hôtel Citadel à Jérusalem j’attends l’appel du muezin pour rejoindre Tel Aviv. En espérant que les contrôles ne seront pas longs. Les mosquées chantent à l’heure des premiers transports.

5 novembre 2013 – LA FRONTIERE

Sans dessus dessous. Il aura fallu deux heures entières pour scanner, rescanner et rescanner encore les moindres recoins de mon sac-à-dos, à la recherche d’un produit explosif fantasmé. Mal de crâne, l’attente est longue. Chaque objet est palpé, puis je suis palpé à mon tour. Ouvrir le sac, enlever les chaussures, déboutonner le pantalon, enlever le pull, sortir les affaires du sac. L’agent qui me contrôle n’a pas mon âge. Il me colle aux basques, m’amène au check-in, puis au contrôle des passeports. Une autre me demande le motif de mon séjour en Israël, puis un second. Les mêmes questions : où êtes-vous allé ? Avez-vous des amis ou connaissances en Israël ? Depuis combien de temps êtes-vous ici ? Où avez-vous dormi ?

Ils ont une petite sonde bleue en forme de louche qu’ils glissent entre chaque pli des baggages. Paranoïa.

Retour en occident, retour à la normale : bêtise, peur, intérêts, xénophobie, guerre de basse intensité. Je suis en terrain connu. C’est bien ça qui m’inquiète. Demain, je vais voir mon père.

NOTES:

[1]  Maher Alloush (1976, Homs), writer and researcher specializing in political, social and economic issues, as well as Transitional Justice, Hassan al-Daghim (1976, Idleb), graduate in Islamic studies and comparative jurisprudence, Mohammed Mustat (1985, Aleppo), graduate in electronic engineering, political science and Islamic studies, Youssef al-Hijar, Mustafa al-Moussa, pharmacist and member of HTS, Hind Kabawat (1974, India), Master’s degree in Law and International Relations and Houda Atassi, civil engineer with degrees in Architecture and Information Technology.

[2] Abdul Hamid al-Awak, PhD in Constitutional Law; Yasser al-Huwaish, recently appointed Dean of the Faculty of Law at Damascus University; Ismail al-Khalfan, PhD in International Law; Mohammad Reda Jalkhi, PhD in International Law; Bahia Mardini, the only female journalist with a PhD in Law.

[3] Anas Khattab (1987, Rif Dimashq), Minister of Interior; Murhaf Abu Qasra (1984, Hama), Minister of Defense; Asaad al-Shaibani (1987, Al-Hasakeh), Minister of Foreign Affairs and Expatriates; Mazhar al-Wais (1980, Deir Ez-Zor), Minister of Justice; Mohammed Abu al-Khair Shukri (1961, Damascus), Minister of Awqaf; Marwan al-Halabi (1964, Quneitra), Minister of Higher Education; Hind Kabawat (1974, India), the only woman, Minister of Social Affairs and Labor; Mohammed al-Bashir (1984, Idleb), Minister of Energy; Mohammed Yisr Barnieh, Minister of Finance; Mohammad Nidal al-Shaar (1956, Aleppo), Minister of Economy and Industry; Musaab Nazzal al-Ali (1985, Deir Ez-Zor), Minister of Health; Mohammed Anjrani (1992, Aleppo), Minister of Local Administration and Environment; Raed al-Saleh (1983, Idleb), Minister of Emergency and Disaster Management; Abdul Salam Haykal (1978, Damascus), Minister of Communications and Information Technology; Amjad Badr (1969, As-Suwayda), Minister of Agriculture and Land Reform; Mohammed Abdul Rahman Turko (1979, Afrin), Minister of Education; Mustafa Abdul Razzaq (1989), Minister of Public Works and Housing; Mohammed Yassin Saleh (1985), Minister of Culture; Mohammed Sameh Hamedh (1976, Idleb), Minister of Youth and Sports; Mazen al-Salhani (1979, Damascus), Minister of Tourism; Mohammad Skaf (1990), Minister of Administrative Development; Yaarub Bader (1959, Latakia), Minister of Transport; Hamza al-Mustafa, Minister of Information.

[4] Except by proxies.

[5] https://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/deal-for-joint-military-action-with-us-in-syria-could-elevate-russia-as-well-as-defeat-isis-a7237256.html

[6] https://www.middleeasteye.net/fr/news/russia-and-turkey-agree-deal-coordinate-strikes-syria-1427197601

[7] https://arabcenterdc.org/resource/jordan-and-the-us-russia-deal-in-southern-syria/

[8] https://www.dohainstitute.org/en/PoliticalStudies/Pages/Israel-Reacts-to-US-Russian-De-Escalation-Agreement-in-Syria.aspx

[9] See the history of Ahmad Al-Awda’s 8th Brigade – https://middleeastdirections.eu/new-publication-med-the-eighth-brigade-striving-for-supremacy-in-southern-syria-al-jabassini/

[10] He is currently still in charge.

[11] Between 4356 and 6456 civilians killed according to airwars.org; 8763 civilians killed according to the Syrian Observatory for Human Rights.

[12] Zahran Alloush (founder of Liwa al-Islam in September 2011, which became Jaysh al-Islam in 2013); Ahmad Issa al-Sheikh (founder of Suqour al-Sham in September 2011); Abu Khalid al-Suri and Hassan Aboud (founders of Ahrar al-Sham December in 2011).

[13] Anas Hassan Khattab is also said to be a liaison officer for the Turkish intelligence service (MIT). He is believed to be operating under the control of MIT officer Kemal Eskintan, known to jihadists under the pseudonym Abu Furqan, himself under the orders of Hakan Fidan, then Ibrahim Kalin, heads of Turkish intelligence from 2010 to 2023 and since 2023. After 15 years of close collaboration, Ibrahim Kalin and Hakan Fidan were the first foreign officials to visit Damascus after the fall of the Assad regime. The former was seen praying with Al-Sharaa at the Umayyad Mosque on December 12, 2024, while the latter celebrated Turkey’s victory with Al-Sharaa on the heights of Qassiun on December 22, 2024.

[14] Opposition leaders present in Astana include Mohammed Alloush (Jaysh al-Islam – Army of Islam), Fares Al-Bayoush (Jaysh Idleb al-Harr – Free Army of Idleb), Nasser al-Hariri (Syrian National Coalition of Opposition Forces and the Syrian Revolution), Abu Osama Joulani (Southern Front, made up of 58 rebel factions). Eleven other groups are taking part in the negotiations.

[15] Abdul Rahman Hussein al-Khatib a.k.a.  » Abu Hussein al-Urduni  » (Jordanian, General de brigade) ; Omar Mohammed Jaftashi a.k.a.  » Mukhtar al-Turki  » (Turc, General de brigade) ; Abd al-Aziz Daud Khudaberdi a.k.a.  » Abu Mohammed al-Turkistani  » ou  » Zahid  » (Chinese ouïghur, General de brigade) ; Abdel Samriz Jashari  a.k.a.  » Abu Qatada al-Albani  » (Albanais, colonel) ; Alaa Muhammad Abdul Baqi (Egyptian, colonel) ; Moulan Tarson Abdul Samad (Tadjik, colonel) ; Ibn Ahmad al-Hariri (Jordanian, colonel) ; Abdulsalam Yasin Ahmad (Chinois Ouïghur, colonel) …

[16] The leaders of these groups are, respectively, former Assad Republican Guard commander Moqdad Fteha, former head of the Syrian Arab Army’s 4th Armored Division Ghiath Dalla and Mundir W.

[17] Realizing the scale of voluntary participation in the offensive – and no doubt the genocidal chaos that ensued from the very first hours of clashes – the Authorities subsequently announced that this support was no longer necessary.

[18] Figures vary according to the two main sources: Syrian Observatory for Human Rights (SOHR) and Syrian Network for Human Rights (SNHR).

[19] Hussein al-Salama as head of intelligence, replacing Anas Khattab, Amer Names al-‘Ali as chairman of the Central Control and Inspection Authority (anti-corruption) and Sheikh Rami Shahir al-Saleh al-Dosh as head of the Supreme Council of Tribes and Clans. All three hail from the town of Al-Shuhayl in the governorate of Deir Ez Zor, which has a population of less than 15,000.

[20] Which are nothing other than an Arab-Muslim version of European fascism.

[21] The chabiha are the regime’s supporters, henchmen and mercenaries, most of whom have been integrated into the National Defense Forces and other paramilitary groups.

[22] In the words of Syria’s new Foreign Minister Asaad al-Shaibani during his speech at the 9th Donors for Syria Conference in Brussels on March 17, 2025.

[23] The Murshidis are a recent religion founded in 1923 in the Latakia region by Salman al-Murshid. This religion derives from Alawism, and its members exist only in Syria, where they are estimated to number between 300,000 and 500,000.

[24] See our mapping of incidents listed by the Syrian Observatory for Human Rights on the home page of our website: https://interstices-fajawat.org/fr/accueil/

[25] As is already the case for the Jaysh al-Islam faction, whose members Majdi Nema aka Islam Alloush and Essam Al-Buwaydani aka Abu Hammam were arrested and prosecuted in international legal proceedings before being granted diplomatic immunity.

[26] https://english.enabbaladi.net/archives/2025/02/transitional-justice-in-syria-steps-to-diffuse-tension/

[27]  https://english.enabbaladi.net/archives/2025/02/former-syrian-interior-minister-mohammad-al-shaar-surrenders-to-authorities/

[28] In the wake of this controversial visit, General Security quietly arrested the commander of the local branch of the National Defense Forces, Ghadeer Salem, then – with more media noise – three of his subordinates, Mundhir Al-Jaza’iri, Somar Mohammed Al-Mahmoud and Imad Mohammed Al-Mahmoud.

[29] These include : Farhan al-Marsumi, chief of a Bedouin tribe in Deir Ez Zor, actively involved in drug trafficking to Iraq in collaboration with Maher al-Assad’s 4th Division and Iranian militias; Agnès Mariam de la Croix, Mother Superior of the Carmelite monastery of “Saint-Jacques le Mutilé” in Homs, an accomplice and active propagandist for the Assad regime; Dr. Tammam Al Yousef, cardiac surgeon and brother of Brigadier General Ali Mu’iz al-Din Youssef al-Khatib, head of the Idleb air force intelligence service, suspected of corruption and embezzlement in cooperation with the Assad regime; Safwan Khair Beyk aka “Safwan Shafiq Jaafar”, mafia boss from Jableh and leader of the National Defense Forces, linked to the Assad family through Bashar al-Assad’s cousins, Mundhir al-Assad and Ayman Jaber – Source: Zaman al-Wasl – https://www.zamanalwsl.net/

[30] The number of missing is estimated between 96,000 and 158,000, including enforced disappearances attributed to the Assad regime, the Islamic State, the Syrian Democratic Forces, armed opposition factions, the Syrian National Army and Hayat Tahrir al-Sham.

[31] It was only through public appearances and rallies in the three months following the fall of the regime that the families of the disappeared represented by The Syria Campaign obtained an appointment with Al-Sharaa in February 2025 – https://diary.thesyriacampaign.org/my-father-is-still-missing-join-wafas-struggle-to-uncover-the-truth-about-syrias-disappeared/

[32] As early as December 20, 2024, the Association of Detainees and Missing Persons in Sednaya Prison (ADMSP), Amnesty International, Human Rights Watch and the Independent International Commission of Inquiry set up by the UN Human Rights Council urged the transitional government to take steps to protect the archives and evidence of mass atrocities – https://reliefweb.int/report/syrian-arab-republic/syria-preserve-evidence-mass-atrocities-enar

[33] The hallali is the decisive moment in hunting when the impatient or excited herd of hounds rushes to the exhausted prey to put an end to the hunt.

[34] Withdrawals from ATMs have been frozen, while a large number of civil servants are no longer receiving their salaries.

[35] The exchange rate fluctuated between 10,000 and 12,000 pounds per dollar during the first four months of 2025, compared to a rate of 14,750 pounds before the fall of the regime, 15,000 the day after and an exceptional drop to 8,000 at the beginning of February – ttps://www.sp-today.com/en/currency/us_dollar/city/damascus

[36] https://english.enabbaladi.net/archives/2025/02/turkish-goods-undermine-local-products-in-syria

[37] The Turkish embassy in Damascus reopened on December 14 after a 12-year interruption in diplomatic relations, and its foreign minister, Hakan Fidan, officially visited Al-Sharaa on December 22, on the eve of Qatar’s visit.

[38] Syria’s relationship with Turkey must be distinguished from its relationship with Qatar and Saudi Arabia. While the former is characterized more by a form of military and strategic dependence, implying a form of colonial extension and Turkish security hold over Syria, the latter is primarily economic.

[39] The Deir Ali power plant is expected to generate 400 megawatts daily by burning natural gas supplied by Qatar via Jordan.

[40] Ahmad al-Sharaa remains on the international terrorism list with his war name of “Abu Mohammed al-Jawlani”, but the promise of a $10 million reward for his capture has been revoked by the USA.

[41] The main importers of Syrian crude oil in 2010 were Germany (32%), Italy (31%), France (11%), the Netherlands (9%), Austria (7%), Spain (5%) and Turkey (5%).